1949-1956 : La genèse du Raja

Le Raja de Casablanca est fondé en 1949 par la résistance marocaine et particulièrement par le président d'honneur Moulay Sassi Ben Ahmed El Alaoui Aboudarka et les chefs des syndicats marocains, notamment le premier chef du syndicat Union marocaine du travail, Mahjoub Ben Seddik, ainsi que l'ex-président de l'Union des Avocats Arabes et ex-premier ministre Mohamed Maâti Bouabid. Boujemaa Kadri s'est occupé pour sa part de l'organisation administrative nécessaire à la création du club. D'autres personnalités sont à l'origine du club, tels Tibari, Salah Medkouri, Chemseddine, Karim Hajjaj, Ssi Ahmed Skalli Haddaoui, Choukri, Daoudi, Hachmi Nejjar, Charfaoui, Laachfoubi, Abdelkader Jalal et Naoui quelques autres intellectuels et résistants marocains qui se réunissaient chez Hmidou El Watani, propriétaire du café Al Watan, à Derb Sultan.

Après plusieurs tentatives pour trouver un nom digne d'une équipe voulant représenter tous les marocains, un tirage au sort entre les dénominations Raja et Fath, permit au nom Raja, tiré trois fois de suite, d'être choisi.

L'interdiction de confier la présidence à un marocain est contournée en laissant le fauteuil, pour six mois, à Ben Abadji Hejji, musulman d'origine algérienne qui bénéficiait de ce fait de la nationalité française. Les autorités françaises, prises au dépourvu, sont ainsi contraintes d'accepter le fait.

En 1949, le Raja, constitué exclusivement de joueurs marocains, entame sa première année en Division d'Honneur. Il accède à la seconde division à l'issue de sa première saison, puis atteint la première division en 1951 et devient la première équipe marocaine à intégrer la première division après des matchs de barrages. Depuis cette date, le club n'a plus quitté l'élite du football marocain.

Le premier entraîneur du club est Kacem Kassimi et sous sa houlette, le Raja réussit la montée. À ses côtés, Boujemaa Kadri et Soufiane Eddaal se distinguent par un travail méthodique sur le plan administratif. Le duo survit à tous les soubresauts de l'histoire du club.

1990-1995 : À la recherche des titres

En 1990-1991, le club finit neuvième et, en coupe du Trône, est éliminé en quart de finale face à KAC de Kénitra. La saison suivante, le Raja est second, à 8 points du Kawkab de Marrakech. Les verts sont finalistes de la coupe du Trône face à l'Olympique de Casablanca. Le Raja termine à nouveau second en 1992-1993 face au Wydad de Casablanca, son principal rival pour la suprématie du football casablancais. En coupe du Trône, le Raja est éliminé par le Kawkab de Marrakech.

En 1993-1994, le Raja se classe quatrième du championnat et, la saison suivante se classe huitième.

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Histoire De Raja

                           1949/2006

1956-1959 : Les débuts après l'indépendance

Après l'indépendance du Maroc en 1955, la fédération royale marocaine de football est créée et remplace donc l'une des vingt-deux ligues de la Fédération française de football du temps du Protectorat français du Maroc qui était dénommée Ligue du Maroc de football2. Pour sa première saison la FRMF reçoit les affiliations de 310 clubs regroupant 6087 licenciés3.

Dans le but de répartir les clubs dans les divisions nationales, une compétition unique est lancée, la coupe de l'indépendance, dans laquelle tous les clubs du royaume participent. Cette compétition est remportée par le Wydad de Casablanca et les seize clubs qui réussissent à atteindre les huitièmes de finales participent au premier championnat national de Division 1.

Le Raja Club Athletic participe donc au premier championnat national de première division et s'y classe dixième en évitant de peu la relégation4. L'année suivante, grâce à l'arrivée de Affani Mohamed Ben Lahcen dit Père Jégo, le club finit quatrième5. La saison suivante, le Raja se classe à nouveau quatrième6.

Lors de la saison 1959-1960, une polémique a lieu en fin de saison après que la FRMF décide de faire jouer un tournoi triangulaire entre les trois premières équipes ex-æquo en termes de points du championnat alors que le Raja de Casablanca était en tête avec la meilleure différence de buts. Le Raja de Casablanca refuse de participer en signe de protestation et le tournoi est transformé en un match-barrage opposant le FAR de Rabat et le KAC de Kénitra. Kénitra remporte ce match et le titre tandis que le Raja de Casablanca est classé troisième7.

1995 : La fusion avec l'Olympique de Casablanca

En 1995, le Raja fusionne avec l'Olympique de Casablanca. L'Olympique est alors le club de la Centrale Laitière et le plus puissant des clubs Casablancais à cette époque. Champion du Maroc 1994, vainqueur de la Coupe du Trône 1992 (dont la finale s'est jouée en 1994 contre le Raja de Casablanca) et triple vainqueur de la Coupe Arabe, l'Olympique manque d'une véritable assise populaire que la fusion avec le Raja lui permet d'obtenir.

L'Olympique de Casablanca abandonnera son nom et gardera celui du Raja de Casablanca. Le Raja dominera alors le football marocain jusqu'au début des années 2000.

1960-1973 : Toujours aucun titre

Le Raja termine cinquième du championnat 1960-1961 et ne réussit pas à atteindre les quarts de finales en coupe du Trône de football8. La saison suivante, le club entame un parcours plutôt modeste en terminant septième du championnat et en ne dépassant pas les huitièmes de finale, tout comme lors de l'année précédente9.

En 1962-1963, le club atteint la troisième place du championnat avec un point de retard sur le deuxième. Le Raja atteint également les quarts de finale pour la troisième fois de son histoire10.

La saison suivante est une des plus catastrophiques de l'histoire du club qui termine neuvième du championnat et subit une défaite sur le score de deux buts à zéro dans le cadre du classico face au FAR de Rabat11.

En 1964-1965, si le club finit douzième et frôle de peu la relégation en seconde division, il se qualifie pour la finale de la coupe du Trône, perdue face au Kawkab de Marrakech sur le score de trois buts à un. Durant cette saison en coupe du Trône, les verts ont battu le Wydad de Casablanca lors des quarts de finale sur le score de deux buts à un12.

L'année suivante, le club est vice-champion derrière le Wydad de Casablanca avec un point de retard. Les derbies opposant le Raja au Wydad se soldent par deux matchs nuls13.

Le Raja, durant la saison 1966-1967, termine troisième du championnat avec 65 points14 puis, la saison suivante, se classe encore troisième du championnat. Le Raja perd la finale en coupe du Trône face au Racing de Casablanca, le 14 juillet 1968, sur le score d'un but à zéro15.

1996-2006 : Le rouleau compresseur

Contrairement à ses deux plus sérieux concurrents qui ont beaucoup remporté les titres dans les années 1950-1970 puis début 1990 pour le WAC et les années 1960 et 1980 pour les FAR, les Rajaouis se révèlent depuis la fin de la décennie 1980. Ses supporters ont dû attendre près de quarante ans, le club ayant été fondé en 1949, et l'année 1988 pour voir leur club champion.

Ce déclic a un véritable effet psychologique : le club remporte, de 1996 à 2004, sept autres couronnes nationales. Entre 1996 et 2001, le Raja devient l'équipe à battre qui aligne six titres de champion, un exploit qu'aucune autre formation n'a jamais égalé. Cette période faste trouve son apogée en 1999 où le Raja s'impose comme la meilleure équipe africaine avec des victoires en Ligue des champions de la CAF, en Super-Coupe d'Afrique et en Coupe Afro-asiatique.

Le club se une qualifie pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2000, au Brésil. Le Raja en est éliminé au premier tour après trois défaites face auxCorinthians (0-2), Al Nassr) (3-4) et le Real Madrid (2-3). Aucune équipe marocaine n'a depuis participé à cette coupe du monde des clubs.

Le Raja remporte les éditions 1996, 2002 et 2005 de la coupe du Trône et, sur le plan international, le bilan s'enrichit de plusieurs autres trophées : la Ligue des champions est remportée en 1997 et 1999, la Coupe de la CAF en 2003, la Super-Coupe d'Afrique en 1999, la Coupe Afro-asiatique en 1999 et la Ligue des champions arabes en 2006.